| Un pas franchi vers la lutte intégrée | [ Retour à la liste des lettres ] | ||
Favorisant la lutte biologique, la protection intégrée des cultures se base sur le respect de la faune utile et de l'environnement tout en visant une production de qualité par une réduction au minimum du nombre de traitements phytosanitaires. Cette approche de la protection phytosanitaire est un nouvel état d'esprit auquel tout agriculteur devrait adhérer. En effet, les conséquences positives directes qu'elle génère sur le bilan financier de l'exploitation et sur la qualité des produits sont indéniables. Cependant, pour la mettre en pratique, le producteur doit faire appel à des connaissances et techniques chaque jour plus élaborées auxquelles, seul, il ne peut avoir accès.Qualité oblige, les agrumes ont bénéficié parmi les premiers des progrès incontestables de la protection phytosanitaire. Certains producteurs consciencieux ont déjà posé les bases solides d'une lutte intégrée mais ils sont malheureusement encore trop peu nombreux. Cela se conçoit facilement, car la lutte intégrée est avant tout une affaire d'investissement technologique. Elle doit s'appuyer sur de solides recherches, sur un équipement de surveillance adapté et exige du producteur des connaissances parfaites des prédateurs et auxiliaires de lutte. Elle n'est pas non plus la voie la plus facile car elle demande chaque jour d'observer, de reconnaître, d'analyser, bref de raisonner. Cependant, c'est la voie de l'avenir pour nos agrumes. A l'heure où les demandes adressées aux producteurs s'orientent de plus en plus vers des notions de terroir, de qualité, de sécurité sanitaire et de respect de l'environnement et du consommateur, le Maroc doit être prêt à satisfaire ces exigences. La généralisation de la protection intégrée des agrumes est une affaire de tous. S'appuyant sur une organisation efficace, elle doit devenir un objectif prioritaire de la filière "Agrumes" pour préserver la compétitivité de ces produits sur les marchés extérieurs. A la SODEA, une expérimentation à grande échelle est menée depuis quatre campagnes au Département de Ksiri/Larache dont les premiers résultats sont très concluants. La société cherche à étendre ses actions de lutte intégrée à d'autres vergers, et elle a déjà préparé son personnel technique à cette extension. Cependant, la mise en place d'un insectarium de production d'auxiliaires reste la condition sine qua non pour la réussite de ce projet. En quatre années, une équipe dynamique a pu rassembler un ensemble d'observations et de connaissances sur les espèces nuisibles et utiles des agrumes. Cette surveillance doit se maintenir car l'enjeu est important. Produire autrement, se coller aux transformations technologiques en ce début de siècle pour mieux préserver la nature, c'est un devoir vis-à-vis de la société de laquelle l'agriculture ne peut se désolidariser ; c'est aussi une source d'enrichissement pour les producteurs et nous sommes fiers d'adhérer à ce vaste mouvement qui apparaît aujourd'hui irréversible. |
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