| Les agrumes sous le signe de la morosité | [ Retour à la liste des lettres ] | ||
Les défis auxquels le secteur agrumicole marocain doit faire face sont nombreux. Au niveau de la production, le "Plan d’action national agrumes" ne trouve pas encore la voie pour se réaliser dans les délais escomptés et les recommandations requises. En matière de conditionnement, le secteur souffre de l'absence d’une organisation professionnelle à même de le promouvoir et de favoriser sa mise à niveau et. Au niveau commercialisation, on enregistre un foisonnement d’exportateurs qui, au nom d’une libéralisation mal comprise, agissent avec des dysfonctionnements tels que l’intérêt général national est parfois compromis.A ces difficultés, s’ajoutent des impératifs économiques qui imposent aux producteurs d'être compétitifs et de présenter sur le marché une production de qualité. Vu la globalisation des échanges, cette notion de qualité domine aujourd'hui dans toutes les transactions commerciales, et le Maroc doit plus que jamais répondre à cette exigence s'il veut se maintenir dans la compétitivité. Or, le coût de la non-qualité en matière d’exportation des agrumes peut se révéler très important. Sachant que le secteur des agrumes génère annuellement un chiffre d’affaires brut d’environ 3 milliards de Dh, et en admettant seulement un minimum de 10 % en coût de non-qualité, la perte pour la profession pourrait atteindre 300 millions de Dh par an. Dans ce contexte, que représenterait réellement l’affectation de 0,5 à 1 % du chiffre d’affaires à une institution qui assurerait aux producteurs et conditionneurs conseils et encadrement ? Au lieu d’être les principaux acteurs de la mise en œuvre volontaire de stratégies de qualité, les producteurs et les conditionneurs se cantonnent dans un rôle passif vis-à-vis des problèmes de la qualité en s’habituant à subir le contrôle ou à essayer de le contourner quand ils le peuvent. Ce genre de comportement ne peut que grever lourdement la compétitivité des agrumes à l’exportation du fait du surcoût de la non-qualité. Certes, on constate l’émergence d’une certaine prise de conscience favorable à la promotion de la qualité pour répondre tant aux exigences des marchés qu’aux intérêts des producteurs. Toutefois, son impact reste bien en deçà du minimum requis. Pour l’instauration d’une vraie démarche qualité au niveau de verger et au sein des stations de conditionnement, une vigilance accrue et des actions concertées s'imposent. Cet objectif ne peut être réalisé que dans le cadre d’une nouvelle institution à créer, à l'image de l'ex-SASMA, avec de nouvelles missions arrêtées en concertation entre l'ensemble des opérateurs de la filière. La qualité demeure un levier stratégique pour la promotion du secteur des agrumes au Maroc. Dans ce sens, la SODEA, comme par le passé, est disposée à jouer pleinement son rôle en la matière. |
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