| Sécheresse : un plan d'action urgent | [ Retour à la liste des lettres ] | ||
Les précipitations abondantes enregistrées jusqu'à fin décembre laissaient présager qu'enfin le spectre de la sécheresse était conjuré ! Loin s'en faut. Depuis lors, la situation tourne à la catastrophe. Scrutant en vain le ciel dans l'espoir de voir quelques signes annonciateurs de pluie, l'agriculteur marocain se fait aujourd'hui une raison, la campagne 1999/2000 est bel et bien irrémédiablement compromise.Situation dramatique pour le monde agricole et ses centaines de milliers de paysans qui vivent exclusivement de leur terre et d'autant plus dramatique encore que cette sécheresse est aggravée par le déficit hydrique déjà enregistré au cours de la campagne écoulée. La SODEA, présente sur le territoire national avec plus de 16 000 ha de cultures annuelles, a enregistré, fin mars, un sinistre de plus de 67 % de ce patrimoine. En ce qui concerne le maraîchage, le programme des cultures industrielles et de la pomme de terre de multiplication qui constituent le maillon de la nouvelle orientation maraîchère à la SODEA a du subir une réduction en superficie de 25 % due à l'impact de la sécheresse sur les ressources en eau et au manque de disponibilités d'investissement pour l'équipement en micro-irrigation. La situation de l'arboriculture fruitière n'est guère plus réjouissante. Les agrumes, notamment dans la région du Beht et de l'Oriental, souffrent pour la troisième année consécutive des conséquences de la sécheresse et les besoins en eau d'irrigation ne sont plus couverts qu'à hauteur de 30 à 50 %. Pour d'autres vergers irrigués à partir des eaux souterraines, des difficultés d'approvisionnement en eau commencent à se faire sentir avec acuité mettant en péril la production pendante et celle de la campagne prochaine. C'est près de 70 % du patrimoine agrumicole de la SODEA qui est aujourd'hui menacé par les effets néfastes de la sécheresse. Le même constat peut être établi pour l'ensemble du verger national. La vigne non plus n'est pas épargnée. Conduite essentiellement en bour, elle ne pourra pas résister longtemps en cas de stress hydrique prolongé. Les rosacées et l'olivier sont logés à la même enseigne et, si la sécheresse persiste, ce n'est pas la production qui risque d'être compromise mais le végétal lui-même. L'inquiétude est grande à la SODEA, déjà très affaiblie par une structure financière déséquilibrée, un outil et des moyens de production qui ne cessent de vieillir. Des mesures d'exception s'imposent qui nécessitent une révision sévère du budget et une mobilisation générale du personnel pour réussir à dépasser cette crise qui touche notre société de plein fouet. Cependant, les cadres et l'ensemble du personnel qui ont déjà pu maintenir la société en activité, malgré les plus grandes difficultés, sauront se mobiliser autour du programme mis en place et réussiront à faire face à cette conjoncture avec courage et lucidité en attendant les mesures qui seront prises par les pouvoirs publics à même de rétablir les équilibres structuraux de la SODEA. Les changements de climats annonciateurs de pluie à fin mars permettent d'espérer la sauvegarde des cultures de printemps ainsi que l'amélioration de l'arboriculture et du vignoble. |
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