La lettre de la SODEA numéro 50, décembre 1999
La pépinière[ Retour à la liste des lettres ]
L’avenir des vergers commence en pépinières. En effet, toutes les filières arboricoles et viticoles évoluées reconnaissent les avantages multiples du plant sain, issu d’une variété authentique et d’un porte-greffe adapté. En vue de répondre aux exigences diversifiées et variables des marchés en pleine expansion qui imposent la prise en compte de la trilogie "Productivité-Qualité-Compétitivité", les efforts entrepris par la communauté scientifique internationale (officielle et privée) sont colossaux et permanents.

Dans cette vision, le rôle d’un pépiniériste avisé doit être celui d'un "vecteur de progrès et de rentabilité" et non plus seulement d'un "faiseur de plants".

Le pépiniériste devient de ce fait un relais professionnel conscient et contrôlé d’autant plus que les organismes étrangers de recherches officiels et privés s’organisent de plus en plus pour protéger leurs obtentions et exiger des royalties (établissement de cartes génétiques variétales, dépôts de brevets, bureaux d’avocats, etc.).

Au Maroc, l’obtention par la SODEA, depuis 1985, des premiers plants certifiés d’agrumes dans des variétés performantes, montre, s’il en est encore besoin, que c’est un travail coûteux, de longue haleine, entrepris par une équipe compétente, mais aussi une œuvre commune d’une administration vigilante (INRA - DPVCTRF), d’organismes conscients et opérationnels (Domaines Agricoles - SODEA) et d’une profession motivée (SASMA - ASPAM et groupes d’exportation).

Forte de cette expérience et de la mission dont elle est investie, la SODEA s’est associée dans le cadre de conventions avec des organismes de recherche et de développement (DPVCTRF, INRA, ENA de Meknès et Office du Haouz) pour poursuivre cette œuvre de production de plants certifiés. Ainsi, selon la législation en vigueur, elle s’est aussi impliquée dans des projets ciblés pour la production de plants certifiés d’oliviers, d’amandiers et, dans un proche avenir, de plants certifiés de vigne. Elle apporte de ce fait, et par des essais de comportement, sa contribution à une meilleure sensibilisation des filières aux risques de maladies graves (Tristeza pour les agrumes, Sharka pour les rosacées à noyaux et d’autres maladies sur la vigne). Cette mission noble reste toujours tributaire d’investissements importants (serre, choix judicieux des variétés, assainissement, production de matériel de base, parc à bois contrôlés,...) et vise en toute logique la satisfaction des besoins des producteurs, tout en générant suffisamment de recettes capables d’assurer la pérennité de «l’entreprise pépinière».

Néanmoins, si les encouragements de l’Etat favorisent l’acquisition des plants certifiés à travers les primes d’investissement, il n’en demeure pas moins que certains maux dont souffre le secteur de la production de plants rendent ce métier, sur le plan financier, très difficile à gérer (stocks, mévente et destruction de plants, …).

Aussi, la SODEA s’applique-t-elle de plus en plus, d’une part à consolider ses acquis en particulier auprès de la profession agrumicole, et d’autre part à établir des conventions «novatrices» en vue de vendre des plants tout en participant au développement harmonieux arboricole du pays. L’établissement récent de la convention avec l’Agence pour la Promotion et le Développement Economique et Social des Préfectures et Provinces du Nord du Royaume en est la meilleure illustration.
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