| La protection phytosanitaire | [ Retour à la liste des lettres ] | ||
Durant le siècle dernier, la production agricole était entièrement à la merci des ravageurs et maladies qui pouvaient anéantir rapidement des champs entiers, sans que rien ni personne ne puissent intervenir pour enrayer les fléaux. Avec le développement des transports à longue distance et des échanges commerciaux, les ennemis des cultures se mirent aussi à voyager et ce fut alors l'époque des grandes contaminations (1840-1870) devant lesquelles les agriculteurs restaient totalement démunis. Ce ne fut qu'avec l'apparition des produits chimiques, d'ailleurs fort limités et nocifs au départ, que l'homme put, tant bien que mal, atténuer les dégâts et sauver ses récoltes.Une nouvelle génération agricole allait émerger de l'après-guerre et on assiste alors, un peu partout, à une course à la productivité à l'hectare. L'intensification des cultures, en quête d'une meilleure valorisation de l'espace arable, allait se traduire par la mécanisation des travaux aux champs, le développement des monocultures, l'amélioration variétale, l'irrigation, la nutrition minérale, mais aussi par la multiplication de nouveaux produits phytosanitaires mieux étudiés, plus efficaces et de plus en plus souvent utilisés. En effet, si les nouvelles technologies (abris-serres, irrigation, matériel végétal performant,…) avaient permis l'amélioration des rendements, elles avaient engendré également les conditions favorables au développement des ravageurs et maladies des cultures. Cependant, en même temps que s'intensifiait l'usage des traitements chimiques devenus un moyen incontournable pour lutter contre les ennemis des cultures et obtenir des produits de qualité, une prise de conscience collective s'imposait quant aux méfaits des pesticides sur l'environnement et la santé de l'homme : résidus dans les fruits et légumes, pollution des sols et des eaux, dégradation de la couche d'ozone, destruction de la faune et de la flore utile, voire même émergence de nouveaux organismes nuisibles par suite de l'élimination des espèces utiles et création de nouvelles souches de résistance (on dénombre aujourd'hui plus de 700 espèces résistantes aux pesticides à travers le monde). Actuellement, la réglementation est stricte dans ce domaine et appelle le producteur à plus de "raisonnement" dans ses traitements pour, d'une part, produire de beaux produits et satisfaire le consommateur et d'autre part, limiter l'effet néfaste des produits phytosanitaires. Confronté à ce dilemme, l'agriculteur doit avoir une parfaite connaissance des pesticides qu'il utilise et de leur mode d'action. Il doit apporter la juste dose au bon endroit, avec un matériel de précision, pour que son traitement soit optimisé. Il doit également parfaire ses connaissances pour identifier avec exactitude l'agent pathogène, connaître son cycle biologique, le seuil de tolérance économique pour traiter peu mais au bon moment. Vu l'importance que revêt la protection phytosanitaire, nous consacrerons plusieurs articles de notre journal à ce sujet, en détaillant, dans d'autres numéros, cette problématique par culture. Notre but est de sensibiliser au maximum nos techniciens sur les précautions et soins à apporter lors d'un traitement phytosanitaire afin de respecter les impératifs économiques, écologiques mais aussi sanitaires pour une meilleure valorisation de nos produits. |
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