La lettre de la SODEA numéro 36, juin 1998
La pomme de terre au Maroc[ Retour à la liste des lettres ]
En cette période où les cultures goûtent à la flamme du soleil estival, propice pour les moissons mais par pour toutes nos spéculations, comme l’indique notre article sur les dégâts du chergui, l’actualité nous porte ce mois vers le bilan de la campagne d’exportation.

Ce bilan est très moyen en terme de recettes malgré un tonnage en hausse de 30 % pour nos agrumes car, une fois de plus, la conjoncture commerciale a été difficile et les conditions climatiques qui ont prévalu ont déprécié la qualité des fruits.

Nous avons, par ailleurs, choisi de consacrer la une de notre journal à un secteur important du maraîchage, celui de la pomme de terre et plus particulièrement celui des plants.

Sur une superficie de 220.000 hectares, le secteur maraîcher au Maroc assure une production de près de 4 millions de tonnes dont 93 % sont destinées au marché local et à la transformation. Avec plus d’une cinquantaine d’espèces légumières différentes, la première place revient à la pomme de terre qui occupe plus de 60.000 ha dont 10.000 ha de culture de primeurs. Ne dépassant pas 30.000 ha en 1981/82, cette spéculation a connu une croissance rapide grâce au développement des surfaces irriguées et à l’importation massive des semences sélectionnées et ce, pour répondre à la demande accrue de la population urbaine et pour l’exportation vers les pays de la CEE et plus particulièrement la France.

La productivité de la culture de la pomme de terre est largement tributaire de la qualité des semences utilisées. Pour ce, le Maroc, en tant que producteur de pomme de terre de primeurs (environ 130.000 tonnes) et de pomme de terre de saison (plus d’un million de tonnes) a recours à d’importantes importations de plants bien que ce soit une marchandise pondéreuse, fragile et dont le coût intervient alors pour près de 50 % dans les frais de culture.

Dans un souci de garantir des plants sains, de qualité, à un prix plus abordable pour le producteur (25 à 30 % des frais de culture) et afin d’assurer un approvisionnement régulier en plants pour l’arrière saison, période pour laquelle les plants importés d'Europe ne sont pas disponibles, il est urgent pour le Maroc de pouvoir satisfaire ses propres besoins en plants certifiés. La SODEA l’a compris et s’est lancée dans la production de plants certifiés depuis la campagne 1995-96.

Une première partie de cet article, réservée à la culture de la pomme de terre au Maroc, vous sera présentée dans ce numéro laissant à notre prochaine édition le soin d’approfondir la question des plants et la contribution de la SODEA dans ce domaine.
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