La lettre de la SODEA numéro 31, janvier 1998
La viticulture de cuve[ Retour à la liste des lettres ]
Le vignoble marocain de cuve subit, depuis ces 25 dernières années, une réduction importante de sa superficie et une tendance prononcée à sa dégradation. De 48.000 ha en 1970, ce patrimoine est passé à 10.480 ha en 1996, accusant ainsi une diminution de 78 %.

Plusieurs facteurs d’ordre structurel et conjoncturel peuvent expliquer cette situation. D’abord, les grandes mutations foncières, liées à des faits historiques, ont soumis ce secteur entre 1962 et 1972 à des systèmes de gestion fort variés dont peu ont pu lui assurer sa viabilité. La mouvance du contexte commercial a eu également de profondes répercussions négatives sur l’évolution du secteur. Par ailleurs, une fiscalité trop prohibitive sur le marché local, une réglementation encore rigide malgré les efforts entrepris et une recherche appliquée quasi-absente sont autant de freins à la relance du secteur de la viticulture de cuve

A toutes ces contraintes, il faut également ajouter les années de sécheresse qui ont affecté lourdement le vignoble cultivé essentiellement en bour.

Ces différents facteurs expliquent la reconstitution insuffisante du vignoble et par conséquent le vieillissement prononcé des plantations aboutissant automatiquement à des arrachages massifs et à des fermetures d’unités de transformation.

Cette situation est d’autant plus regrettable que le Maroc jouit d’opportunités et de potentialités évidentes pour développer ce secteur, visant à la fois la relance des exportations et la satisfaction de la demande intérieure : il dispose de terroirs favorables à une production de qualité et d’une main-d’œuvre abondante ; son infrastructure de transformation et de conditionnement est bien conçue, d’une capacité de vinification actuellement excédentaire, pour laquelle des efforts de rénovation importants sont en cours.

La SODEA, soucieuse du devenir de la viticulture de cuve a attiré, à maintes reprises, l’attention des pouvoirs publics et des professionnels pour la relance de ce secteur. Elle a d’ailleurs toujours orienté ses actions en vue d’assurer la reconstitution des plantations (création de pépinières viticoles et 5.978 ha de nouvelles plantations à son actif) et a introduit des mesures susceptibles de favoriser son développement (irrigation, palissage). L’instauration d’une politique de partenariat vitivinicole a pu redynamiser le secteur ; on assiste d’ailleurs, ces dernières années, à une reprise des exportations grâce à cette nouvelle politique avec des sociétés privées.

L’année 1998 va démarrer fort pour ce secteur avec le projet du Plan National Vitivinicole. Souhaitons qu’il suscite une dynamique d’auto-développement de la viticulture nationale.

Au-delà de ces souhaits professionnels mais très importants pour tout le monde viticole dont nous faisons corps, que l’année 1998 réserve à tous ceux et celles qui forment notre grande famille, bonheur, santé et réussite.
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