La lettre de la SODEA numéro 29, novembre 1997
Protection des agrumes[ Retour à la liste des lettres ]
Aujourd’hui, l’agriculteur ne peut plus ignorer les risques de certaines pratiques agricoles. Il doit être en mesure de raisonner chacune de ses actions et de ses décisions en fonction, bien sûr de la rentabilité de son exploitation, mais aussi de la qualité et de la sécurité des produits pour le consommateur et des risques pour l’environnement.

Ces impératifs de sécurité alimentaire et de respect de l’environnement ont incité les services officiels de réglementation à renforcer les études de résidus de produits phytosanitaires et les contrôles pour le respect des limites maximales de résidus (LMR) fixées sur les matières actives pour chaque produit agricole.

Dans le but de réduire l’utilisation des pesticides en pré-récolte, la lutte contre les ravageurs des agrumes a beaucoup évolué au Maroc depuis ces dernières années dans le sens d’une lutte de plus en plus raisonnée ; les expériences de nombreux producteurs dans ce sens se sont révélées intéressantes.

Il est révolu le temps où l’agrumiculteur traitait ses plantations selon un calendrier de traitement préétabli et souvent mal adapté aux conditions du moment. Grâce à un encadrement plus poussé de la profession (à mettre à l’actif de la SASMA et de l’ASPAM qui jouent le rôle de conseiller et d’agent d’avertissement), on assiste à une évolution des mœurs en matière de lutte phytosanitaire. Par le choix et l’utilisation raisonnée des produits chimiques, l’agrumiculteur marocain tend à mieux maîtriser ses problèmes phytosanitaires tout en réalisant, en contre partie, des économies substantielles.

Il a également pris conscience de l’intérêt d’utiliser des variétés authentiques et performantes et du matériel végétal indemne de maladies afin de mettre tous les atouts de son côté dès la création de son verger.

Par ailleurs, le développement de méthodes biotechniques faisant appel aux piégeages à base d’attractifs sexuels (phéromones) et aux auxiliaires de lutte biologique entraînera, nécessairement, d’importantes modifications dans la stratégie de lutte contre les insectes et les acariens des agrumes.

Ces progrès incontestables dans la protection phytosanitaire des agrumes faisant appel aux différents moyens agronomiques, chimiques et biologiques ne pourront aller qu’en s’accroissant car ils répondent à des facteurs écologiques, économiques et de critères de vente de plus en plus exigeants. L’assurance d’une qualité optimale des fruits d’agrumes ne sera acquise que par la mise en place de normes de traitement et de contrôles à tous les niveaux de la filière (production, conservation et transformation éventuelle) et par le respect rigoureux des conditions d’application.
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